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Homélie du 1er dimanche de l'Avent

à méditer au cours de la semaine...

Le dimanche 30 novembre 2008

 

Homélie pour le premier dimanche de l’Avent

 

 

Le livre des Actes des Apôtres commence à Jérusalem avec les derniers mots de Jésus à ses apôtres : vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ; derniers mots avant que Jésus disparaisse dans la nuée, qu’il monte vers son Père, laissant les disciples le regard fixé sur le ciel. Et le livre des Actes, évoque des hommes en blanc, deux messagers de Dieu qui viennent les secouer : Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?... Alors, ils retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem.

 

Ainsi commence la temps de l’Avent. Situé 4 semaines avant Noël, l’Avent est surtout devenu pour nous, un avant Noël. Le déferlement d’illuminations, d’incitations à acheter tout ce qui nous sera nécessaire pour un bon réveillon, une fête de famille, ne fait que renforcer cette impression. L’Avent est une marche vers Noël.

 

Mais en ouvrant l’année liturgique nouvelle par ces 4 semaines d’Avent, c’est un autre message que nous transmets l’Église. Nous attendons la venue du Christ sur la terre ! Nous attendons son retour parmi nous ! Les dernières lignes de la Bible au livre de l’Apocalypse annoncent ce retour du Christ au milieu des hommes pour très bientôt : « Oui, je viens sans tarder. » - Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous les hommes.

 

Quand les apôtres rentrent à Jérusalem, ils sont persuadés que le retour de Jésus parmi eux est une question de jours, de semaines, de mois. Ils sont persuadés d’être entrés dans un Avent qui ne durera que peu de temps. Mais les années, puis les siècles passèrent. Et nous sommes toujours dans l’Avent ; nous sommes toujours dans l’Attente.

 

Nous vivons dans ce temps de l’Église, ce temps provisoire. Notre église, cette assemblée de tous les chrétiens, disparaîtra au jour du retour du Christ. L’Église disparaîtra car sa mission sera accomplie, car le monde sera entré dans le Règne de Dieu.

 

Mais quand ? dans combien de temps ? dans combien d’années ou de siècles vas-tu revenir Seigneur ? Cette question restera sans réponse. C’est Jésus lui même qui nous le rappelle : Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.

 

À Jérusalem, au jour de l’Ascension, le monde est entré dans un immense Avent, dans une longue attente, une longue veille. Notre situation d’aujourd’hui apparaît à travers les lignes du passage de l’Évangile de Marc que nous lisons ce matin. Il en est comme d'un homme parti en voyage. Cet homme c’est Jésus, lui-même, monté vers son Père. En quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. Les serviteurs, c’est nous, les hommes et les femmes de ce monde, et particulièrement les croyants, les disciples. Si Jésus a envoyé sur nous la force et la grâce de l’Esprit Saint, c’est pour faire de nous des veilleurs. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis.

 

Deux alternatives se présentent à nous : dormir ou veiller. Dormir comme les disciples au jardin de Gethsémani. Dormir comme indifférents à la vie du monde... ou veiller, être attentifs, à ce qui se passe autour de nous.

 

Pour chacun de nous, ce temps de l’Avent s’offre comme un moment privilégié de méditation et réflexion. Comment sommes nous veilleurs dans notre vie ? À qui, à quoi, à quelles situations sommes-nous attentifs ?

 

Ce qui fait la richesse de l’Église et de son histoire, ce sont ces hommes et ces femmes qui se sont succédés au fil des siècles, longue chaîne de veilleurs et de témoins, longue chaîne d’apôtre et de prophètes.

 

Être veilleur pour un chrétien, c’est aussi une attitude spirituelle particulière. Nous ne sommes pas à l’écart d’un monde que nous rejetterions à cause de son péché, de son indifférence, cherchant notre salut entre-nous. Nous sommes au coeur du monde, scrutant les signes des temps, messagers de l’Évangile, messagers de la Parole.

 

Il est mille occasions, mille façons d’être veilleurs en ce monde. Deux, ce matin, ont retenu mon attention. La première est celle de ces collecteurs de la banque alimentaire qui en nous appelant à la solidarité, nous demandent de rester en éveil à toutes les situations de pauvreté qui marquent notre pays, notre région ; de rester en éveil à tous les combats à mener pour la justice et la dignité humaine.

 

La seconde, ce sont nos évêques qui mènent combat pour le dimanche. Je vous invite à lire les mots du cardinal André Vingt-Trois sur la feuille de semaine. L’intention de nos gouvernants peut paraître bonne : développer le travail le dimanche pour assurer plus de prospérité, de croissance. Mais à quel prix ? Dans la Bible, le jour du Sabbat est un jour de rupture, un jour différent, un jour qui humanise l’homme en le rapprochant de Dieu.

 

Lutter pour le dimanche c’est lutter pour la croissance humaine et spirituelle de l’homme. Mais comme il n’existe quasiment pas d’indicateurs, de statistiques concernant cette croissance, nous tendons à privilégier ce qui est matériel. Faire des grandes surfaces, les temples nouveaux de notre société, c’est se tromper, c’est nous mettre en danger en fragilisant des valeurs essentielles de la vie humaine.

 

Voilà deux occasions d’être veilleurs dans l’actualité... et tant d’autres encore. Durant ce temps de l’Avent, la liturgie de l’Église va nous faire rencontrer des veilleurs :  Isaïe, Jean Baptiste, Marie. Faisons route avec eux. Qu’ils nous aident à rester en éveil. C’est notre mission, notre vocation de chrétiens, de baptisés. Veillez !

Amen.

 

 

 

 

 

 

 

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment. Il en est comme d'un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

 

 

 

 

 

09  Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée.

10  Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient :

11  « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. »

 

 

 

 

PREMIERE LECTURE - Isaïe 63, 16b-17, 19b ; 64, 2b-7

 

Tu es, Seigneur, notre Père, notre Rédempteur : tel est ton nom depuis toujours. Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de ton chemin, pourquoi rends-tu nos coeurs insensibles à ta crainte ? Reviens, pour l'amour de tes serviteurs  et des tribus qui t'appartiennent. Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi. Voici que tu es descendu, et les montagnes ont fondu devant ta face. Jamais on ne l'a entendu ni appris, personne n'a vu un autre dieu que toi agir ainsi envers l'homme qui espère en lui. Tu viens à la rencontre de celui qui pratique la justice avec joie et qui se souvient de toi en suivant ton chemin. Tu étais irrité par notre obstination dans le péché, et pourtant nous serons sauvés. Nous étions tous semblables à des hommes souillés, et toutes nos belles actions étaient comme des vêtements salis. Nous étions tous desséchés comme des feuilles, et nos crimes, comme le vent, nous emportaient. Personne n'invoquait ton nom, nul ne se réveillait pour recourir à toi. Car tu nous avais caché ton visage, tu nous avais laissés au pouvoir de nos péchés. Pourtant, Seigneur, tu es notre Père. Nous sommes l'argile, et tu es le potier : nous sommes tous l'ouvrage de tes mains.

 

Dieu n’est pas sur la terre, il est aux cieux... c’est nous qui sommes sur la terre.

 

Tu es le potier, référence à la création du monde, depuis le vase vit sa vie. Le potier l’a fait pour obtenir l’eau vive. Dieu nous a fait pour l’amour, mais...

 

PSAUME 79 (80), 2-3, 15-16a, 18-19

 

Berger d'Israël, écoute,

toi qui conduis Joseph, ton troupeau :

resplendis au-dessus des Kéroubim,

devant Ephraïm, Benjamin, Manassé !

Réveille ta vaillance

et viens nous sauver.

 

 Ah ! Si tu déchirais les cieux. Dieu de l'univers, reviens !

 

 

Du haut des cieux, regarde et vois :

visite cette vigne, protège-là,

celle qu'a plantée ta main puissante.

 

Que ta main soutienne ton protégé,

le fils de l'homme qui te doit sa force.

Jamais plus nous n'irons loin de toi :

fais-nous vivre et invoquer ton nom !

 

DEUXIEME LECTURE - 1 Corinthiens 1, 3-9

 

Frères, que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur. Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu'il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu. Car le témoignage rendu au Christ s'est implanté solidement parmi vous. Ainsi aucun don spirituel ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C'est lui qui vous fera tenir solidement jusqu'au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ. Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

 

EVANGILE - Marc 13, 33 - 37

 

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment. Il en est comme d'un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

 

La vocation du chrétien doit être celle du veilleur, comme le sera Jean Baptiste, comme Marie. Veiller c’est regarder l’invisible.

 

Une idée pour les homélies de l’avent : la vocation de veilleur du chrétien.

 

  

Article publié par • Publié Samedi 06 décembre 2008 • 5942 visites

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