Luc 7 , 36-83.
Sans doute, le Maître est de passage et un pharisien en avait profité pour l’inviter à sa table, avec sans doute quelques autres notables –pharisiens- scribes-les gens de la haute !
Ce sera sympa : on pourra parler de religion et peut-être, au cours de la conversation, mettre Jésus à l’épreuve.
Ce qui ne va pas manquer d’arriver !
Rapidement, replaçons ce merveilleux récit dans son contexte.
En Luc 7, 18-53, Jean-Baptiste envoie deux de ses disciples demander à Jésus :
« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus répond par la citation d’Isaïe : « Les aveugles voient, les boiteux marchent. »
S’ensuit le jugement de Jésus sur sa génération (Luc 7, 31-35) que je résume :
VOUS NE SAVEZ VRAIMENT PAS CE QUE VOUS VOULEZ, VOUS N’ETES JAMAIS SATISFAITS. VOUS REFUSEZ LES PROPHETES QUEL QUE SOIT LEUR STYLE.
Dans notre récit pendant le repas, arrive une femme, une pécheresse connue de tous. Elle n’est pas venue les mains vides, elle porte un vase de parfum, elle pleure, elle connaît son péché. Les autres aussi, qui peut-être ( ?) ont profité de ses faveurs, ce sont les plus féroces en général !
Celle-là, on ne l’attendait pas et les gestes qu’elle accomplit dépassent les bornes !
Qu’est-ce que cela veut dire ? Nous savons qui est cette femme et lui,qui peut-être sait qui elle est, se laisse faire. Ses pieds sont baignés de larmes, les cheveux sont dénoués, un geste inconsidéré, elle verse le parfum sur les pieds, non sur la tête. En lui-même, le pharisien se dit : « Ca ne se passera pas comme ça! Il n’est pas le prophète que l’on croit. »
Entre nous, si une prostituée entrait dans une de nos églises, s’avançait vers le maître autel, y versait ses larmes, déposait un précieux brûle parfum plein d’encens et un somptueux bouquet de fleurs…., quelle serait notre réaction ? Le jugement est facile.
JESUS A PERCU LES PENSEES INTERIEURES DE SON HOTE et il va proposer une petite parabole : le maître et les deux débiteurs. L’un doit 500 deniers, l’autre 50. Le maître fait grâce à tous deux de leur dette.
Alors, Jésus de demander à son hôte Simon : de ces débiteurs, lequel va aimer le plus ?
Simon, qui doit se douter de quelque chose, répond avec prudence : « Celui à qui on a remis davantage, me semble-t-il. »
C’est alors l’application de la parabole :
TU VOIS SIMON, SI TU MANIFESTES PEU D’AMOUR, C’EST QU’ON T’A FAIT GRACE DE PEU.
ET SI CETTE FEMME MANIFESTE BEAUCOUP D’AMOUR, C’EST UN SIGNE QU’ON LUI A FAIT GRACE DE BEAUCOUP.
Une remarque s’impose : on croit souvent que l’amour manifesté par cette femme est la cause du pardon. Ce peut être le sens donné avec les gestes faits par la femme sur Jésus. Elle manifeste des gestes d’amour parce qu’elle sait que Celui qu’elle rencontre est venu pour les pécheurs. Elle se reconnaît pécheresse et sans honte, va vers Celui qui est AMOUR .
Mais au vv 47-48, Jésus lui dit : « Tes péchés sont remis. » Alors L’AMOUR de cette femme devient non la cause, mais LA CONSEQUENCE DU PARDON.
Elle montre beaucoup d’amour parce qu’elle sait qu’elle était aimée et pardonnée. Cela l’amène à aimer davantage.
Notre récit se termine par le questionnaire
des autres invités :
QUI EST-IL CELUI QUI PARDONNE LES PECHES ?
Uniquement Dieu ou le Temple pouvait le faire.
Oui, qui est cet homme ?
Jésus conclut : « Ta foi t’a sauvée, va en paix ! »
Pas de salut si on ne s’ouvre pas au pardon de Dieu devant qui, on se reconnaît pécheur. On ne devient juste que par la foi au Christ qui, par son mystère pascal, fait de nous des créatures nouvelles.
Cela mérite que nous réfléchissions sur la grandeur du sacrement de la Réconciliation :
« Confesser l’amour de Dieu, en même temps que notre péché, c’est une démarche de foi. Notre péché pourrait être gros comme une forteresse, l’essentiel est de savoir que Dieu nous aime, qu’il nous ouvre ses bras et sans doute nous dit :
TA FOI T’A SAUVE, VA EN PAIX. »
Ceux-là seuls, qui font la dure expérience de la pauvreté, sous quelque forme que se présente le dénuement, sont accessibles à ce don de Dieu qui est pardon et qui s’épanouit dans l’amour.
PS : Il n’y a pas eu de chronique biblique la semaine dernière
car j’étais en pèlerinage à Lourdes avec LES PELERINS DE L’EAU VIVE.
Le thème retenu cette année par les sanctuaires est justement :
« Laissez-vous réconcilier avec Dieu. »