3ème dimanche de Pâques :
Nous abordons la fin de l’Evangile de Jean.
Ce chapitre a son importance avec la mission confiée par Jésus à Pierre.
Disons que c’est l’essentiel de ce chapitre.
Certes, il y a cette apparition « manifestation » de Jésus aux siens.
Il semble que les disciples sont revenus sur leur terre d’origine et ont repris leur travail : la pêche. C’est à l’initiative de Pierre que tous embarquent.
Le travail nocturne est un échec. Les ouvriers apostoliques ne peuvent rien obtenir s’ils ne sont pas unis à Jésus. Rappelons-nous l’image des sarments greffés sur la vigne.(15,4-5).
Au lever du jour_ nous constatons le contraste nuit / jour_ un personnage se tient sur le rivage. Nous, nous savons qui il est, les disciples, non.
Une nouvelle journée commence, celle de la rencontre.
Jésus ne se fait pas reconnaître, il demande simplement s’ils ont quelque chose à manger. Réponse négative. Et c’est le conseil surprenant :
« Jetez le filet sur le côté droit, et vous trouverez… »
C’est la surabondance qui évoque le miracle des pains donnés à profusion.
Ici, le signe a pour fonction de permettre la reconnaissance du Ressuscité et en même temps, à travers l’activité des pêcheurs d’hommes, le narrateur montre que l’œuvre d’évangélisation est le résultat de la présence de Jésus qui seule, rend efficace l’action des disciples.
Le filet est plein à craquer : 153 gros poissons.
Ne cherchons pas le pourquoi de ce nombre : toutes les hypothèses ont été émises. L’essentiel n’est pas là.
Nous retrouvons les deux disciples : « celui que Jésus aimait » qui se tourne vers Pierre : ceux-là qui ont couru au tombeau. Celui qui a « vu et cru » est le premier à reconnaître l’étranger sur le rivage : « C’est le Seigneur ».
Alors, Pierre se jette à l’eau, il enfile un vêtement « car il était nu ».
* Selon B. Schwank, « la nudité de l’homme après le pêché originel, est l’expression de sa misère, de sa faiblesse, de sa honte ».
* Selon X.L. Dufour, « Pierre serre [ sur lui] le survêtement que, comme pêcheur, il portait à même la peau. Il ne pouvait pas l’enlever car ,se présenter nu aurait été un manque de respect inadmissible aux yeux d’un juif. C’est pourquoi, il « serre » son sarrau autour du corps, afin de n’être pas gêné dans le nage.
Ce détail prépare l’image qui lui fait pendant au v.18, quand Jésus annonce à Pierre : « Un autre te ceindra ».
Cet élan impétueux prouve que, loin de craindre la rencontre avec Jésus, Pierre est tendu vers son Seigneur, sans repli sur soi, si grande est la joie du revoir.
(lecture de l’Evangile selon Jean, Tome IV)
Passons à la charge de pasteur confiée à Pierre (21,15-19)
Pierre est ici l’unique interlocuteur.
A trois reprises, nous avons une même question de Jésus : « M’aimes-tu ? »
Cette triple question est-elle en lien avec le reniement lors de la Passion ?
* Lors du reniement, il s’agit d’une affaire personnelle.
* Ici, Jésus confie à Pierre, un mandat qui concerne toute l’Eglise, tout le troupeau du Christ. Peut-être, est-ce la raison du « M’aimes-tu, plus que ceux-ci ? »
Qu’il y ait un rapport avec le reniement de Pierre et la question de Jésus, c’est possible, mais c’est surtout parce que Jésus veut confier à Pierre, le soin des croyants, de son peuple, qu’il sollicite d’abord l’attestation de son amour et donc de sa fidélité sans réserve envers lui-même.
Encore une fois, au fond de lui-même, Pierre se souvient de son reniement et du regard plein d’amour proportionné à la miséricorde reçue.
Trois fois, la question est répétée. C’est est trop . on ne peut qu’admirer, dans la peine qui l’étreint, cette proclamation de Pierre :
« Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime ! »
Jésus voulait s’assurer de cette fidélité, pour confier à Pierre, sa mission de pasteur. Il reçoit la charge de faire paître les brebis, les agneaux du Christ.
« Pais MES brebis, prends en soin.
Mènes-les à moi. Ce sont MES agneaux, MES brebis, je te les confie. »
Pierre a poursuivi l’œuvre du bon pasteur qu’est Jésus.
N’est-ce pas là une belle histoire d’amour, un beau récit de vocation qui nous ramène à la réalité de l’Eglise qui, à la suite du successeur de Pierre, reçoit la charge de mener l’humanité au Christ, source de vie ?
Un passage de l’Encyclique de Benoît XVI pourrait clore ce bref commentaire :
« Dans l’histoire d’amour que la Bible nous raconte, Dieu vient à notre rencontre. Il cherche à nous conquérir _ jusqu’à la dernière Cène, jusqu’au cœur transpercé sur la Croix, jusqu’aux apparitions du Ressuscité et aux grandes œuvres par lesquelles, à travers l’action des Apôtres, Il a guidé le chemin de l’Eglise naissante. Dans l’histoire de l’Eglise, le Seigneur n’a jamais été absent : il vient toujours, de nouveau, à notre rencontre, par des hommes à travers lesquels il transparaît, ainsi que par sa Parole, dans les Sacrements_ spécialement l’Eucharistie
Dans la liturgie de l’Eglise….nous faisons l’expérience de l’Amour de Dieu, nous percevons sa présence et nous apprenons à le reconnaître dans notre vie quotidienne.
Le premier, il nous a aimés et il continue à nous aimer le premier ; c’est pourquoi, nous aussi, nous pouvons répondre par l’amour : « Dieu est amour. 17 »
Oui, m’aimes-tu ?
Attention: en raison de vacances, il n'y aura pas de chronique biblique la semaine prochaine...