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Chronique Biblique avec le Père Etienne FAUCHEUX

L’épisode de la femme adultère (Jo 8, 1.11) fait suite à une discussion concernant Jésus. Qui est-il donc ? Tous se séparent.
Jésus, lui, se retire au Mont des Oliviers, pour prier. Comme de coutume, nous le retrouvons au petit matin au Temple et il enseigne. C’est l’acte d’enseigner qui est ici mis en valeur : Jésus est Maître, il interprète la Loi avec sagesse. C’est sur ses qualités de Maître qu’il va être soumis à l’épreuve.
L’opposition : scribes-pharisiens, interprètes officiels de la Loi : « Moïse nous a prescrit » et « toi, que dis-tu » est nette. Si Jésus propose la clémence, il est en conflit avec la Loi ; s’il approuve la lapidation de la femme, il contredira sa propre prédication, lui qui prêche un Dieu de Miséricorde. Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une question d’école. Jésus est mis au pied du mur : la femme est bien présente. On ne l’interroge nullement, elle est sans intérêt.
C’est le grand silence qui règne.
Jésus se baisse et trace sur le sol, des signes. Lesquels ? Une hypothèse : il s’agirait d’une action symbolique, semblable à celle des prophètes, évoquant un verset de Jérémie : « Ceux qui se détournent de moi (YHWH) seront inscrits sur le sol ».
Le silence de Jésus donne tout son poids au jugement à venir, la mise en question des juges qui oublient leurs propres péchés.
Pressé de répondre, Jésus invite les juges à passer du légal au moral. Ils sont renvoyés au tribunal de leur propre conscience : « Que celui qui d’entre vous est sans péché, lui jette la première pierre ». Cette parole radicale met crûment au jour l’universalité du péché : nul n’est juste devant Dieu. Jésus réitère ce même geste dont la signification se confirme. Un à un, les accusateurs se retirent. La parole de Jésus a empêché ces hommes de commettre un acte de violence, c’est librement qu’ils renoncent. Ils restent deux, face à face : « la malheureuse et la Miséricorde » (St Augustin)
Cette femme humiliée, à qui aucune parole n’a été adressée, est restée enfermée dans le cercle du jugement des autres. Pour en sortir, il faut que quelqu’un lui parle et la sorte de cet enfermement. Jésus lui donne la parole et l’invite à constater que personne ne l’a
condamnée. Il reste sur le registre des pharisiens : « Moi non plus, je ne te condamne pas ». Il a une attitude paradoxale : il n’est pas contre la loi mais il manifeste que sa mission est de sauver, de remettre debout. L’acquittement est un appel à la conversion.
La femme est devenue quelqu’un qui a un avenir. La Loi est devenue humaine, chemin de vie et de rachat. La femme est invitée à vivre en conformité avec la délivrance reçue.
« Heureux celui dont l’offense est enlevée et le péché couvert !..
Exultez à cause du Seigneur et criez de joie ! » Ps 32, 1. 11